Bonjour,
j'inaugure aujourd'hui ma participation à un blog, et quel blog, le notre.
La discussion dont je vais rendre compte a eu lieu il y aura bientôt une semaine, entre quelques uns d'entre nous. Néanmoins, au vu de l'ardeur des échanges qu'elle suscita, elle me semble pouvoir intéresser, voyons loin, la profession dans son ensemble, surtout si elle engage un débat suivi dans cet espace de dialogue et de réflexion.
Fraichement arrivé à l'ENSSIB, encore ignorant du monde des bibliothèques il y a deux mois de ça, je faisais part à mes camarades du choc culturel, de l'acculturation dont j'étais l'agent, acculturation globale, illustrée en l'occurrence par un point précis.
En plus de nous introduire dans le monde des bibliothèques, de nous initier à la science et à la profession de bibliothécaire, je constatais que l'Ecole nous délivrait tout un discours idéologique, un appareillage à la fois rhétorique et intellectuel, dont l'une des caractéristiques essentielles est le PROSÉLYTISME. J'explique : l'institution nous exhorte à relayer le discours suivant, si possible en y adhérant essentiellement : le monde a besoin de bibliothèques et de bibliothécaires, des bibliothèques partout, des bibliothécaires tout le temps ; non seulement qu'on vienne les border, mais qu'en plus leur chambre trouve sa place dans le classement DEWEY.
L'objectif est : 100% de fréquentation et d'inscription de la population française dans les bibliothèques.
Cette caractéristique me gênait d'autant plus que, personnellement, j'avais depuis toujours soigneusement évité tous les discours prosélytes, de nature religieuse, politique ou autre.
D'où, un certain nombre de questions soulevées : le prosélytisme est-il consubstantiel à notre profession de bibliothécaire ? Est-ce lié aux deux domaines dans lesquels nous évoluons : la culture et l'éducation, et dont les objets (objets culturels, objets pédagogiques) sont par nature destinés à recevoir un traitement apostolique ?
A ces questions s'ajoutent des interrogations un peu plus générales : quelle est la Bonne Nouvelle dont nous serions les apôtres ? Quel est le fondement, le bien fondé, de notre idéologie bibliothécariste ? Pouvons nous amender les hommes, et sauver le monde ? ...
Sur ces bonnes paroles, j'attends de vos nouvelles.